Les routiers sont sympas

                   A l’époque, j’avais 19 ans.
Etudiant, je rentrais le week-end en faisant de l’auto-stop sur les nationales de l’est de la France.

                    Un vendredi d’une fin de printemps torride, je m’installe à la sortie de la ville et commence à pointer le pouce.
A cette époque, les gens s’arrêtaient facilement et je n’ai jamais eu d’ennuis en utilisant ce mode de transport.
Au bout d’une quinzaine de minutes, un gros camion s’arrête, bravant une gêne de la circulation intense en cette fin d’après midi. J’ouvre la grande porte de la cabine et demande au chauffeur s’il va bien à l’endroit où je dois me rendre.
« Pas de problème p’tit gars, monte ».
Je ne suis pas de très grande taille et monter dans une cabine de poids lourd, ce n’est pas évident. Il m’aide en m’empoignant le bras et me voilà dans la cabine où je domine tout ce qui m’entoure. La route vue d’un camion, ca change tout.

                    Le chauffeur est un grand gars d’une trentaine d’année, il est brun et a deux yeux bleus splendides.
Son maillot style « Marcel » laisse apparaître une fourrure généreuse sur le torse. Il n’a guère les mains d’un camionneur, car les doigts sont effilés.
La conversation tourne autour de quelques banalités.
La chaleur monte dans la cabine, car le soleil encore présent chauffe en cette fin de printemps. Le routier se passe la main sur le buste et répète sans cesse : « Il fait chaud, mais quelle chaleur ! » en me lançant des regards évocateurs !
Je n’ai à l’époque pratiquement aucune expérience sexuelle avec un homme. Pas plus d’ailleurs avec les filles ! Mais je sais que les hommes m’attirent et ce routier en fait partie.
Je devine que je ne laisse pas indifférent, mais l’inconnu fait souvent peur et j’ai du mal à lui faire comprendre qu’il m’intéresse !

                   Au bout de quelques kilomètres, le dialogue devient plus sympathique. Il s’intéresse à mes études et moi à son travail qui doit être fatiguant !
« Il faut que je m’arrête pour boire un coup »
Soit, s’arrêter en camion n’est pas évident. Enfin une aire de repos est signalée et emmène le convoi à l’ombre de quelques platanes.
Il coupe le moteur et me demande si je veux partager sa boisson ! Je lape deux à trois gorgées et c’est vrai que ça fait du bien.
C’est alors que nos regards se croisent et l’intensité de son regard bleuté éveille mon sexe. Je ne fais rien paraître … mais le chauffeur commence à se passer la main dans l’entrejambe.
Je crois comprendre ses intentions et fais le naïf !
Il me dit doucement
« Tu aurais envie ! »
Je ne dis pas non et lui sourit. Il s’approche de moi
« tu aimes les hommes ? ».
Je lui dis que je n’ai pas beaucoup d’expérience !
« Tu es drôlement mignon, j’ai envie de toi, tu vas voir c’est super ».
Secrètement, je pense qu’il doit avoir raison.
« Mets toi à l’aise, il fait chaud ».
Il commence par m’embrasser, alors là aucun doute, l’érection qui surgit dans mon pantalon le prouve.
Il masse la bosse créée par l’excitation.
Je comprends que le moment est arrivé et que je vais pouvoir caresser son sexe au travers du pantalon qu’il n’a pas encore dégrafer.

                    Il me suggère d’aller à l’arrière de la cabine où une couchette sera plus confortable.
Il me montre l’endroit, y pénètre et je le suis.
Celle-ci est entourée de rideaux qu’il se presse d’installer pour éviter les regards de l’extérieur.
Je suis maintenant enfermé dans cet espace confiné, un bel homme à côté de moi en train de se déshabiller.
Il est torse nu, il m’enlève les vêtements et nos poitrines se frottent l’une contre l’autre.
Il m’embrasse avec des pelles douces et langoureuses. Que c’est bon, je le caresse et mes doigts n’ont de cesse de parcourir son torse velu à souhait.
Nos jeans et nos slips dégagent bientôt. Je découvre un sexe généreux.
Il me dit :
« Tu aimes sucer ? »
« Je n’ai jamais fait … »
Il m’offre alors le gland décalotté par l’excitation et me guide dans une fellation expérimentale.
« Pas avec les dents, attends je vais te sucer pour te montrer »
Je n’avais jamais connu ce plaisir ! Je lui dis que je vais jouir tellement son pompage est excellent. Il ralentit le rythme en m’appuyant la base de la verge, pour retarder l’éjaculation m’a-t-il appris.
Compte tenu de cette expérience, je le suce à nouveau et il approuve l’apprentissage.
Nous nous caressons dans cet espace réduit et il n’arrête pas de me dire que je suis beau et qu’il est heureux de m’avoir pris en stop. Je suis tout à fait d’accord avec lui.
Quel bel homme, viril et doux en même temps.

                    Il me fait comprendre qu’il veut m’enfiler, mais je suis puceau !
« Ecoute, je ne voudrais pas te faire mal, je n’ai pas ce qu’il faut pour que ce soit parfait, on va faire autrement » .
Il continue donc ses caresses et j’en fais de même. Nos branlades respectives sont excellentes.
Il commence à râler et je vois d’un coup, des jets saccadés jaillirent de ma main. Il m’embrasse de plus belle.
C’est alors qu’il reprend mon sexe dans sa bouche et par des va et vient voluptueux me fait jouir comme jamais je ne l’avais fait auparavant !
Un peu gêné, je voudrais me retirer. Mais il insiste et avale toute cette jouissance. Puis me roule une pelle avec le restant encore dans sa bouche et me fais partager la marchandise légèrement iodée et finalement délicieuse.
La transpiration de nos corps témoigne de la fougue de l’échange ! Nous restons les corps entrelacés pendant encore cinq bonnes minutes.
Puis on essuie les effluves avec de l’essuie tout. On se rhabille.
Son regard est encore plus beau. Ses yeux d’un bleu limpide terminent cet instant dans une complicité inexpliquée. Je suis vraiment ravi et lui également.

                   Nous reprîmes la route et il me déposa à l’endroit désiré.
Lorsque j’ai fermé la porte de la cabine, je me suis dit :
« mais quel con, je n’ai pas pris ses coordonnées ».
J’ai continué à faire du stop et bien, jamais je n’ai revu cet ange !
Et je n’ai d’ailleurs jamais eu d’autre expérience avec des chauffeurs bienveillants.

                    Si jamais il se reconnaît dans cette histoire, qu’il fasse en sorte que nous puissions revivre un tel événement 20 ans plus tard …

Didier