14 Juillet (1ère partie)

                    J'arrivais en stop, le représentant d'une société de matériel agricole m'avait laissé au croisement d'une route menant à une ferme, j'avais choisi de marcher deux kilomètre jusqu'à Arminville.
C'était le village de mon enfance, je l'avais quitté cinq ans auparavant et, apercevant au loin le clocher et les premières maisons de chaque côté de la route départementale, j'avais le cœur qui cognait.
Un sac de marin sur les épaules, je cheminais péniblement sur le goudron poisseux.
Mon trajet était accompagné des odeurs des foins secs et de poussière de paille arrivant en ondées d'un champ de blé qu'une moissonneuse, monstrueux coléoptère à élytres jaunes, semblait grignoter petit à petit en l'engouffrant dans son énorme gueule.

J'aimais profondément cette plaine, particulièrement au moment des moissons, quand la chaleur caniculaire vous écrase et que les corps des garçons de ferme transpirants délivrent de si douces exhalations de parfums masculins qui se mêlent aux sèches senteurs des blés bien mûrs qu'on bat.

* * *

                    Sur la place de l'Église, je trouvais, comme convenu, la clef de la maison familiale entre les pots de géraniums qui commençaient à se calciner.
Je prenais une douche et m'habillais d'un jeans coupé à raz des fesses et enfilais un tricot ajouré, ensemble vestimentaire qui allait, c'était certain, choquer quelques bien-pensants du petit bourg.

Vêtu mini, je partais m'exhiber ainsi devant la terrasse de l'unique café puis je fis un grand tour de village, retrouvant mes coins d'enfance, les terrains de jeux dans une vaste friche ferroviaire où serpentaient encore les restes de la ligne de chemin de fer menant à Chartres qui avait été successivement déclassée puis abandonnée définitivement au trafic au tout début des années 60.
Ballast envahi de graminées desséchées où, quand il avait plu, nous chassions les escargots, de gros bourgognes.

Je croisais la fourgonnette d'un très jeune facteur qui s'arrêta me demander si je connaissais Mme Ledoux, il était en short et chemisette, ses jambes bronzée et poilues, ses bras vigoureux, son sourire, me firent perdre le peu de timidité qui me restait de mon adolescence:
– "Tu sais que t'es beau toi..."
Il rougit comme un gamin.
– "J'ai pas bien le temps de discuter aujourd'hui..."
Et je lui indiquais la bonne direction regrettant de ne pouvoir rester un plus long moment avec ce beau mec.

* * *

Je regagnais la place villageoise et m'installais à une table du bar, face au soleil, je commandais un Perrier à une jeune serveuse que je ne remettais pas.
C'est Marcel, le patron, vieille connaissance qui apporta la consommation en me lançant méchamment:
– "Pourquoi qu'a fallu qu'tu r'viennes..."
– "Faut toujours être là au moment des comptes, Marcel..."
Furieux, il tourna vivement les talons et réenfourna son son corps graisseux dans la pénombre de son bistrot où s'alcoolisaient, dans un semblant de fraîcheur, quelques joueurs de cartes.
J'avalais l'eau avec deux aspirines contre une migraine qui ne me quittais que trop rarement.

Le matin du lendemain, à 11h, le car des "Courriers beaucerons" l'amènerait, lui, Michel, l'objet de tous mes tourments et de toutes mes pensées, co-responsable, avec moi, d'un scandale, qui avait mis à mal la petite vie bornée des habitants, et décidé mon exil ainsi que du sien, depuis maintenant soixante longs mois.

Juillet 1994

                    En vacances scolaires depuis le début du mois et nous étions une petite équipe de lycéens passant leurs temps à glander sur nos scooters, nous avions 16 ans et l'insouciance de notre jeunesse nous donnait une joie de vivre et un appétit sexuel que nous avions, malheureusement, assez peu d'occasion de satisfaire.
Nous tentions bien de draguer les quelques filles restant encore dans le secteur, mais elles nous connaissaient bien et savaient quel était l'objet des sollicitations que nous leur témoignons:
leurs entrejambes, endroits magiques qui levaient nos petites bittes et souillaient des caleçons qui devaient être changés à des espaces très rapprochés.

J'étais puceau, Michel aussi...
Au milieu de la bande il ne restait plus que nous à ne pas avoir franchi le Rubicon qui nous aurait permis de "faire" l'amour, donc de pouvoir en parler... abondamment, mais, l'un comme l'autre, une timidité nous figeait quand nous devions passer à l'acte, l'idée de passer pour un con... la peur du refus...
Toujours à penser que "l'autre" va nous juger et qu'elle va, sûrement, se foute de notre gueule.
Certains se reconnaîtront dans ce blocage tout bête.

Nous étions puceaux, c'était certain, mais nous connaissions quand même les joies qu’offrent nos sexes de garçons.
Il ne se passait pas de semaine sans que Michel et moi nous nous octroyions de bonnes petites branlettes, ou de véritables séances de masturbation collective avec les autres amis.
Au fond de moi j'aimais énormément ces rendez-vous, moments où je pouvais admirer des corps partiellement dénudés.
J'aimais particulièrement les masturbations que nous nous donnions Michel et moi, nous nous connaissions assez bien pour échanger nos mains dans ces amusements.

* * *

                    Cela avait commencé lorsque j'avais entendu un proverbe de marin:
"De la main gauche et à l'envers, on dirait une main étrangère."
Nous avions essayé "gauchement" comme il se doit, sauf "maladroitement" pour moi qui est gaucher, puis nous avions trouvé plus simple de changer simplement le proverbe par le notre
"Main gauche ou droite, c'est parfait, pourvu que ce soit la main d'un étranger."
Que ces jeux restent masculins ne nous posait pas de problème, je pensais naïvement que cet attrait était partagé par tous les mecs, bref, je n'en faisais pas une idée fixe, jusqu'à ce que...

* * *

                    Cette année-là, au 14 juillet, le village faisait la fête, le soir, bal populaire, comme disait les affiches, un orchestre assez merdique pour des jeunes comme nous.
Nous avons profité de la pagaille qui s'était installée sur la place pour picoler un peu, une bière par-ci, un peu de blanc par là.
Si bien que la soirée commença sans moi et Michel, on se trouvait dans un état assez comateux.
Michel était le neveu de Marcel et le bistrot de son oncle avait quelques chambres d'hôte dont deux ou trois étaient inoccupées.
Étant comme chez lui, Il me conduisit dans le café où, au fond de la salle, passé un couloir, une chambre à un lit nous attendait, elle allait nous permettre de cuver cet alcool qui étourdissait beaucoup trop les petits gars comme nous.

Affalés sur le lit, nous nous sommes endormis comme des masses qui s'écrasent.
Il faisait une chaleur orageuse, la lourdeur de l'air avait gagné la chambre et bientôt, les ressources caloriques de l'alcool aidant, on eut l'impression de se trouver dans une atmosphère tropicale.
L'un après l'autre, nous avons ôté et jeté de nos bermudas et nos maillots, les caleçons ont suivi et nous avons glissé un drap léger sur nos corps nus.
Cet exercice nous a, à moitié, réveillé, puis, chacun de son côté, nous avons retrouvé le souffle du dormeur.
Le dérapage mal contrôlé a commencé peu après.

Juillet 1999

                    Après avoir fini mon Perrier, je regagnais la maison, elle était tout contre le bistrot, et sur l'arrière de ces maisons, s'alignant dans un ensemble à angle droit, une cour commune à celle-ci, enserrée de construction.
Derrière, c'étaient des dépôt, des garages, autrefois, certainement écuries.
Dans nos dépendance, une vieille Estafette, antiquité que je devais faire redémarrer pour que notre plan fonctionne.
J'ai pris la voiture de ma mère et je suis allé au chef-lieu acheter une batterie, c'était Michel qui avait dressé la liste de ce que je devais faire.

D'une maladresse congénitale, pour moi, changer cette batterie, rejoignait dans mon esprit, la longue liste de tout ce qui était difficile:
mettre une roue, cuisiner, programmer un magnétoscope, mettre ma montre électronique à l'heure, ouvrir une boîte de conserve.
Clés à molette, scie, couteau, fourchette, tout devenait catastrophe et je me blessais toujours avec ces outils que j'imaginais, plus jeune, être des inventions diaboliques dont la seule destinée était de m'assassiner.
J'étais en médecine et le moment où je devais faire une piqure me prostrait.

Juillet 1994

                    Je sommeillais, dos tourné à Michel, quant à la faveur d'un de ses nombreux retournements énervés, il se retrouva collé à mon dos, le premier contact fut irritant, je suais et mon copain était lui aussi mouillé, ce ne fut pas très agréable et je tentais de le pousser de mes fesses.
Mal m'en pris....
car c'est à ce moment précis où je commençais à sentir le contact de sa queue contre mon cul, et il bandait comme un baudet le salaud... sans doute un de ces rêves érotiques dont les adolescents ont le pouvoir secret, que la sensation ressentie me fit immédiatement durcir le membre...
Naturellement... On ne se contrôle pas trop à 16 ans... N'est-ce pas?

Mon érection éveilla en moi une sorte de mécanique inconnue, des ondes commencèrent à me parcourir l'épiderme, et me plongèrent dans une agréable sensation de réception sensorielle.
Mon corps entier était une antenne sur laquelle se précipitaient des informations qui m'électrisaient.
Je commençais à me flatter la queue de la main, je remuais aussi les fesses de manière à amener le membre de mon copain entre celles-ci, je levais légèrement la cuisse et, Alleluia! je sentis son gland baveux qui me touchait la rondelle.
Je n'avais jamais connu cela et je trouvais ce titillement très agréable, je reculais, mais Michel dormait toujours.

Je le malmenais alors et le positionnais sur le dos, sa queue était alors monstrueusement érigée, sans doute il avait une forte envie de pisser qui devait lui compresser la prostate et favoriser ainsi le durcissement.
Je le chevauchais et, salivant sur mes doigts, je me lubrifiais le trou et le positionnais sur le haut du promontoire.
Le gland laissait sortir son liquide acqueux, je m'empalais en forçant vers le bas.
Michel se réveilla à cause de la douleur que je lui avait causée en appuyant trop fort:
– "Mais, tu fais quoi Sandro?"
J'avais pas l'air con moi...
– "J’sais pas trop Michel, j'ai fait un rêve érotique et je me suis réveillé comme ça."
– "Putain! tu m'as fait mal."
– "Excuse-moi, attend, je vais te masser."
– "Déconne pas, en plus faut que j'aille pisser."
Il se leva et se dirigea vers le lavabo.
Cela mit un peu de temps pour d'abord débander un peu et satisfaire son besoin.
Il revint et s'allongea près de moi, sa queue était restée très volumineuse:
– "Alors comme ça t'as rêvé que je te sautais?"
– "C'est toi qui a commencé, ta bitte n'arrêtait pas de me chatouiller le cul, ça m'a excité, je savais pas qu'on pouvait s'exciter le cul comme ça."
– "Eh bananas... Et les gays, ils font comment?"
– "C'est pas pareil, eux, ils sont habitués."
– "Mais Sandro, avant d'être des habitués, ils ont débuté. Moi ça me branche d'essayer, allez... on le fait... ça restera entre nous..."

J'étais un peu étonné que Michel se laisse aller comme cela, je pensais que l'alcool continuait à engourdir son cerveau, mais, intéressé, et me souvenant des étranges sensations perçues quand nous nous frottions, je répondis:

– "On y va Michel, promis ça restera entre nous et si ça ne nous plaît pas on n'en reparlera plus jamais."
– "Promis."

Juillet 1999

                    Je trouvais une batterie, rentrais au village et entrepris ce périlleux travail.
J'y passais la soirée et tentais alors de faire démarrer cette casserole, rien n'y faisait, je pensais alors à contrôler le niveau d'essence: à sec, j'entrepris un second voyage vers une station-service où je pourrais trouver un jerrycan à acheter pour abreuver cette camionnette de malheur.
À deux heures du matin, je me couchais, j'avais réussi à faire hoqueter cette saleté de moteur, hoquet qui s'était peu à peu transformé en ronflement bruyant, mais régulier.
J'étais mort, mais la joie de revoir Michel et celle de voir accomplir notre vengeance m'excitait nerveusement.
Je me tripotais consciencieusement, tout en me titillant la rondelle du pouce enduit de salive, mais jamais, jamais plus, depuis l'incident de 1994 je n'arrivais plus à bander.

Mes rares expériences avec des femmes avaient vite tourné court, le fait était que j'étais gay mais j'avais essayé quand même de tenter quelques expériences avec celles-ci.
Ne pouvant pas assurer une baise avec une femme, j'avais pris l'habitude de trouver avec des garçons virils de brefs moments amoureux.
Ma queue restait molle et une certaine jouissance du cul se manifestait quelquefois, quand j'avais la chance de tomber sur un mec qui pensait un peu à moi plutôt qu'à son propre plaisir, et cette maigre jouissance s'accompagnait d'un rejet d'un sperme qui s'écoulait, baveux, de ma queue, comme d'un tuyau sans pression et qui stagnait, là, lamentablement au bout du nœud, d'où il s'écoulait attiré par sa pesanteur, sans force, pitoyable, sans cette éjaculation victorieuse que j'aurais tant aimé retrouver.

Juillet 1994

                    On commença donc par se tripoter mutuellement, plutôt sagement, mais Michel eut vite assez de ces "enfantillages" comme il disait.
– "Suce-moi Sandro."
– "Je fais si tu fais, y a pas de raison."

Je m'abaissais vers son sexe et me plaçais de façon à ce que le mien soit à la portée de son visage.
Le nez tout contre son gland, je commençais à respirer son odeur un peu forte.
Je léchais d'abord, puis tentais d'enfourner le morceau, je ne pris pas trop de plaisir au début, mais Michel se décida tout à coup de m'imiter et je commençais à sentir l'effet de sa langue humide, il prit ma queue, d'un coup, l'avala entièrement et la rejeta en serrant fort les joues et
les lèvres:
– "C'est comme ça qu'il faut faire, amateur, va..."
J'étais piqué dans mon amour-propre et je tâchais de l'imiter.
On se donna peu de peine car nous étions fringants, on déchargea ensemble, bitte fortement encastrée dans la gorge de l'autre, Michel avala, j'avalais donc pour ne pas lui donner l'air que je me dégonflais, mais je ne trouvais pas ça tellement bon, mais ça passait en brûlant l'arrière-gorge.
Je me mis à côté de lui dans le lit et il monta sur mon ventre et se pencha vers mon visage, alors, il mis ses lèvres contre les miennes et commença un baiser d'amoureux où nos langues se mélangèrent trouvant, dans les recoins de nos bouches, quelques parcelles de spermes pour pimenter ce fort baiser.

Naturellement cet exercice réveilla nos queues qui, vigoureusement, reprirent forme.
Le cul de Michel frottait mon gland et me causait une excitation qui était une découverte pour le jeune explorateur du sexe que j'étais.
Mes mains alors commencèrent à caresser le torse de mon ami, je sentais les côtes et mes mains remontaient vers ses seins, légèrement proéminent, musclés, puis les deux petits tétons qui contrastaient leur couleur sombre du reste de la pointe, sous mes doigts je faisais jouer ces petite boules, réduite chez les mecs à de simples attributs de peau qui dans certains cas servaient à soutenir un anneau d'or.
Je descendais alors pour toucher le ventre, le nombril, légèrement poilu à ses alentours, poils qui se densifiaient plus bas pour entourer le magnifique morceau rougit en pleine érection et qui gouttait de petites perles qui glissaient et tombaient sur mon ventre en filaments blanchâtres.

Michel s'excitait le cul, je le sentais aux actions circulaires qu'il faisait pour essayer de me manger la queue de son trou que je sentais se positionner, toujours plus proche, de l'extrémité de mon gland.
Il se redressa à demi et se soulevant légèrement il se posta juste au-dessus de mon bas-ventre.
Puis petit à petit, guidant mon membre, il s'empala, doucement, mais fermement et entièrement, sans reculade aucune, à croire que son trou s'était ouvert miraculeusement à mon approche comme si une force intérieure avait, à mesure de l'enculage, dilaté le conduit anal de Michel pour permettre l'achèvement total de l'intromission.

Bien pris, il commença de me serrer la queue, pour se donner des sensations, ce faisant, il me faisait bénéficier de son travail, et je ne sais pas s'il y trouvait du plaisir, mais en ce qui me concernait, ça devenait torride, l'effet de ses fesses et de son trou qui me masturbaient la bitte d'une manière tellement douce et vive en même temps, me menèrent bien vite à une sorte de cataclysme interne qui bien que violent, me donnait l'impression d'être livré, passif, à un vampire qui profitait de mon corps pour assouvir son énorme besoin de chair fraîche.

Sur le dos, je m'abandonnais au vice de l'enculade, Michel redoublait, semblant bientôt en état de culminer dans son tourbillon jouissif, et, au moment où devant moi, sa queue éjecta son sperme qui s'écrasa sur mon visage, je lâchais dans son intérieur une quantité de liqueur qui, d'après ce que je croyais, aurait dû au moins lui remplir l'ensemble des boyaux.
Quand il se retira, en levant le cul, celui-ci, resté ouvert, lâcha une bonne quantité de foutre qui retomba sur mon sexe en humectant les poils.

Juillet 1999

                    Au petit matin, je déjeunais de croissants que j'allais chercher à la boulangerie toute proche, j'étais seulement vêtu d'un caleçon que j'avais enfilé vite fait.
Dans la glace de la boutique, je me voyais, éclairé par les premiers rayons de soleil qui entraient de bon matin à travers la vitrine.
J'étais vraiment ce que l'on appelle un "beau garçon", un mètre quatre-vingt-cinq, soixante-dix kilos, les muscles qui se dessinaient sous la peau fine et qui ondulaient quand je remuais mes membres.
La jeune serveuse me regardait de ses grands yeux comme étonnée de trouver un prince charmant d'aussi bonne heure, je ne résistais pas au plaisir de lui faire du charme et elle me donna un étincelant sourire qui la rendait radieuse, c'était vraiment une belle petite, un peu jeune peut-être, mais qui possédait un charme certain et qui donnait envie de faire connaissance afin d'en faire une "bonne copine" comme on dit entre gay.
J'avais une soif de contact physique telle que j'aurais volontiers frotté mon corps contre celui de cette fille qui sentait le pain chaud.

                                                                           ....à suivre

urbain@hotmail.com